Dans la foulée du Marathon de Paris, j'avais décidé de chercher de nouveaux défis. Le truc qui me tenterait bien en ce moment, c'est le trail. Ça correspond à plein de trucs que j'aime: le sport, l'effort, la nature. Sauf que, le trail à Paris, c'est pas une évidence, même si de belles courses commencent à se monter dans la région. Et c'est un effort particulier, qui demande des entraînements différents de la longue distance.

En commençant à me renseigner sur le sujet, j'ai vu que pour se débrouiller en trail, il est intéressant de progresser en courtes distances. Qu'à cela ne tienne, les 10k c'est pas ça qui manque, voyons voir le calendrier. Oh, tiens, le 23 juin, à Paris, le fameux 10 kilomètre parrainé par le journal L'équipe, en plein Paris. Dernier volet de la "Trilogie Parisienne", c'est une course qui commence à être appréciée des runners parisiens. Ni une ni deux, je suis inscrit.

2 mois de préparation

Tant qu'à faire un dix kilomètres, prenons un objectif ambitieux. Je vise 42 minutes, n'ayant pas vraiment de référence sur cette distance, hormis la corrida d'Issy, mais peut-on se baser sur une course courue avec une tenue de Père-Noël ? Sauf que... Sauf que je me retrouve vite embarqué, via twitter, dans un objectif de 40', notamment par @SebFraysse. Ces 2 minutes n'ont l'air de rien, mais elles font une sacrée différence. Seulement 3 semaines après le marathon, je reprends la course tranquillement. C'est un peu trop tôt, mais je me sens bien. Je me prépare un plan simple, basé sur du fond et de la course au seuil essentiellement, plus quelques fractionnés. Mais très vite, je me rends compte que je ne pourrais pas gagner la vitesse nécessaire avec un entrainement si "cool". Il va falloir entrer dans le dur. Heureusement, mister @votremarathon me peaufine un plan aux petits oignons.

Plan d'entrainement 10K


Dès les premières séances, c'est le drame. Je sens que je n'ai pas assez récupéré depuis le marathon, et je peine à tenir les chronos. Je vois aussi que le gap pour passer sous les 40' est plus grand que je ne l'aurais pensé. Les séances de fond et de fractionnés courts se font sans problème, mais dès que l'on entre en résistance dure je peine à récupérer. Le soutien de mes camarades runners sur twitter sera alors prépondérant pour continuer. Merci à vous, @votremarathon, @SebFraysse, @laflecheblonde, @EugnieLe, @RunHappy_fr, et les autres... Grâce à vous, je suis resté dans ce plan, à la limite mais dedans. Ce plan vraiment difficile pour moi, mais comme disait un général russe, "What is difficult in training will become easy in a battle" A une semaine du départ, dernière séance sur piste, je décide que je partirais à un rythme un peu plus cool de 4'10 au kilomètre, car je ne pense pas pourvoir tenir mon objectif.

Un belle course

Ce dimanche 23 Juin (tiens, c'est un anniversaire.... ;-)) nous sommes près de 15000 à nous rassembler, place de la Bastille pour les frileux qui se sont couverts, vers l’hôtel de ville pour les autres. Aux consignes, je retrouve @pierre_b_y dans un étrange maillot basque; 1 heure avant le départ nous profitons des 2 kilomètres séparant la place de la bastille du départ pour un échauffement tranquille. Dans le sas réservé aux moins de 42 minutes, je rencontre pour la première fois @SebFraysse et @Bog_runing qui ont on objectif semblable au mien. On écoute l’interview de Killian Jornet, un garçon très sympa au palmarès presque honorable. Il explique sans rire qu'il compte finir si il peut, en courant tranquille (il finira en 38'42") et en profitant de la musique. On lui pardonne tout, il court pour soutenir Mécénat Chirurgie Cardiaque.

Le départ est donné pour les élites, ça enchaîne très vite et je passe la ligne moins de 30 secondes après le départ officiel. Sébastien part devant, il est prêt pour son record personnel. Je me force à ne pas aller trop vite, calé sur un 4' par kilomètre à ma montre. Les deux premiers kilomètres s'enchaînent très vite, je ne vois même pas la place de la république. En revanche, je vois très très bien le boulevard Voltaire et ses 3 kilomètres de faux plat-montant. Je passe le kilomètre 5 en 20'04" et l'espoir de tenir mon objectif me reprend. A ce moment là, je fais cette tête là :

10k lequipe km 5 (oui je ne peux pas m’empêcher de lever les bras en voyant les photographes)


J'avais décidé de ne pas passer au ravitaillement, mais j'ai trop chaud et je fais le détour pour attraper une bouteille sur le place de la Nation (ASO, faut pas mettre le ravito si loin c'est trop dur !). Bouteille que je me verse intégralement sur la tête pour me rafraîchir, moins une gorgée que je m'offre. Heureusement que ce n'était pas la canicule. On prend le cours de Vincennes puis une belle descente où j'aurais dû accélérer. Mais voila, je ne pouvais pas. Je reste bloqué sur un 4' au kilomètre, et il y a la terrible montée de Dausmenil, celle que tout le monde attend, au kilomètre 7. Oh, elle n'est pas très longue. Mais ça monte quoi. Et on prend le vent de face. Ce kilomètre 7 passera en 4'20 et je sais que c'est fini pour mon objectif. Les deux derniers kilomètres sont un faux-plat descendant que je trouve interminable jusqu'à la rue de Lyon. Le vent de face n'aide pas, et il me semble comme à tant d'autres que cette course fait quelques centaines de mètres en trop. Je vois enfin l'arche de l'arrivée; mon chrono passe les 40' et il me manque 100m... Qui se transformeront en 30 secondes.

Un final étonnant

Quelques mètres avant la ligne, j'ai la surprise de retrouver Sébastien. Il a l'air vraiment cuit mais je ne me rends pas compte à quel point. Je l'attrape par les épaules afin que l'on passe la ligne ensemble, mais je me rends vite compte que ça ne va pas. Emporté par mon élan, nous franchissons la ligne ensemble et je l'emmène immédiatement sous la tente de la croix rouge. Il y sera pris en charge par un secouriste plutôt atypique qui finira par couper la perfusion que le médecin venait de poser, en même temps que les vêtements de Seb, dont son T-Shirt fétiche de l'association L'Etoile de Martin. Je pense qu'il vous en reparlera :-)

Et maintenant ?

J'ai vraiment été ravi de constater mes possibilités de progrès sur cette distance. Je pense que cette expérience me servira sur plus longue distance, et sur tail et triathlon peut-être. Je ferais un jour tomber cette barre des 40', c'est une question de temps :-)
Même si ni Seb ni moi n'avons atteint notre objectif, ce 10 kilomètres l'Equipe restera un bon souvenir, une belle rencontre et uns bonne référence sur cette distance.
Mon prochain objectif, si tout se passe bien sera le Marathon des Alpes Maritimes, reliant Nice à Cannes en passant par le cap d'Antibes. Objectif chrono selon la préparation à venir. Entre temps, je ferais mon premier Paris Versailles, une course mythique de la région parisienne, et le désormais classique 20 kilomètres de Paris, où j'aurais peut-être le plaisir de vous remettre vos dossards. N'hesitez pas à me faire coucou sur twitter

10k lequipe diplome